( AFP / EMMANUEL DUNAND )
L'action du groupe minier en difficulté Eramet a perdu plus de 14% sur la journée de mardi à la Bourse de Paris, au lendemain de l'annonce que l'Etat va "augmenter significativement sa participation" pour en devenir "très largement le premier actionnaire" d'ici fin 2026.
L'action de l'entreprise valait 37,24 euros à la clôture mardi, contre 43,7 euros la veille à la même heure. L'entreprise dans son ensemble est valorisée un peu plus d'un milliard d'euros.
L'Elysée a annoncé lundi soir que l'Etat allait "augmenter significativement sa participation" au capital du groupe minier en difficulté, à l'occasion d'une augmentation de capital prévue fin 2026 et d'un montant allant jusqu'à 500 millions d'euros.
L'Etat, qui détenait fin 2025 un peu plus de 27% de l'entreprise, ne prévoit pas de franchir le seuil de 50% de capital détenu.
Eramet a subi de lourdes pertes en 2025 (perte nette de 477 millions d'euros) et son endettement est élevé. Dans ce contexte, le groupe avait annoncé une augmentation de capital en février, présentée comme "essentielle pour le groupe", et programmée au quatrième trimestre.
La PDG de l'entreprise Christel Bories s'est félicitée lundi d'une "excellente nouvelle pour Eramet", avec un accord entre ses deux principaux actionnaires, l'Etat et la famille industrielle Duval.
La famille Duval restera le deuxième actionnaire de l'entreprise, dans des proportions non encore connues, a indiqué Eramet.
Dans l'immédiat, cet accord "permet à Eramet de disposer rapidement des moyens financiers nécessaires pour rétablir ses équilibres", a réagi la PDG de l'entreprise, Christel Bories.
Face aux médias, elle a indiqué que l'entreprise travaillait également à "l'amélioration de (sa) performance opérationnelle et financière", ainsi qu'à "une monétisation d'actifs ciblés", avec des cessions totales ou partielles de sites envisagées.
L'entreprise produit du manganèse, utile pour la fabrication d'alliages, du nickel qui sert à faire de l'acier inoxydable et des batteries rechargeables, des sables minéralisés et, depuis fin 2024, du lithium également utilisé dans les batteries électriques.
En 2024 et en raison du "contexte social très dégradé" en Nouvelle-Calédonie, des "accords de financement" de la filiale Société Le Nickel (SLN) avaient été mis en place par l'Etat Français, ce dernier finançant "l'impact de la SLN dans la performance financière et économique du groupe" afin de le "neutraliser", détaille Eramet.
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